Port-au-Prince, 29 janvier 2026.
Alors que le pays s’approche d’un tournant politique décisif avec la fin annoncée du Conseil présidentiel de transition (CPT), de nouvelles accusations viennent alourdir un climat déjà marqué par la défiance et la fatigue citoyenne. Dans une note de presse rendue publique ce jeudi, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) tire la sonnette d’alarme et dénonce ce qu’il qualifie de « pillage accéléré » des caisses de l’État au ministère de l’Économie et des Finances.
Selon l’organisation, le ministre Alfred Fils Metellus aurait procédé, ces derniers jours, au déblocage de sommes importantes en dehors des normes légales et administratives en vigueur. Des opérations jugées d’autant plus préoccupantes qu’elles interviennent à une dizaine de jours seulement du départ du CPT, fixé au 7 février 2026.
Pour le RHAJAC, ces décisions financières ne relèvent pas d’une simple gestion de fin de mandat. Elles s’inscriraient plutôt, affirme le réseau, dans une stratégie politique visant à consolider une position personnelle au sommet de l’État. L’organisation évoque une « dernière tentative désespérée » du ministre pour s’imposer comme Premier ministre, avec l’appui présumé de certains conseillers-présidents déjà cités dans des dossiers sensibles.
Dans sa note, le RHAJAC met directement en cause plusieurs membres du CPT — Fritz Alphonse Jean, Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire, Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles — accusés de chercher à imposer Alfred Fils Metellus à la tête du gouvernement. Le réseau affirme que ces manœuvres auraient pour objectif de préserver des intérêts personnels et d’assurer une forme d’impunité après la fin officielle de la transition.
Plus grave encore, ces responsables sont mentionnés par le RHAJAC pour des liens présumés avec des gangs armés et des faits de corruption, des accusations qui, si elles étaient confirmées par la justice, constitueraient une menace directe pour la sécurité nationale et l’État de droit.
Face à ce qu’il considère comme une urgence absolue, le RHAJAC appelle l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) ainsi que les autorités judiciaires compétentes à intervenir sans délai au ministère de l’Économie et des Finances. L’organisation demande le gel immédiat des transactions suspectes et l’ouverture de poursuites judiciaires contre les responsables présumés.
« La corruption ne passera plus sous silence », martèle le réseau, qui affirme refuser que les derniers jours de la transition servent à organiser la prédation finale des ressources publiques. Pour le RHAJAC, l’échec de la transition ne saurait justifier un blanc-seing accordé à ceux qui, selon lui, auraient contribué à l’impunité et à l’affaiblissement des institutions.
Dans un pays épuisé par l’insécurité, la crise économique et l’absence de perspectives politiques claires, cette nouvelle alerte vient renforcer les interrogations d’une population qui réclame, avant tout, des comptes, de la transparence et un minimum de respect pour l’intérêt général.

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