
Antonio Chéramy, dit Don Kato, serait-il de nouveau dans la course électorale ?
Une nouvelle fois, peut-être pour une toute première fois dans l’histoire politique récente d’Haïti, une question mérite d’être posée avec sérieux : verrons-nous un ancien sénateur de l’ouest revenir devant le peuple pour solliciter une nouvelle fois son suffrage et tenter de retrouver son siège au Sénat de la République ?
Antonio Chéramy, plus connu sous le nom de Don Kato, chanteur devenu homme politique, aurait choisi de se porter candidat au Sénat pour le département de l’Ouest.
Mais au-delà d’une candidature, c’est une véritable interrogation politique qui se présente devant les électeurs : qu’attend réellement le peuple de l’Ouest de celui qui prétend à nouveau porter sa voix ?
Antonio Chéramy n’est pas un inconnu de la scène politique haïtienne. Il a déjà franchi les portes du Parlement et connaît les réalités, les contradictions et les limites de la politique institutionnelle.
Il connaît également la rue.
Il connaît les quartiers populaires, leurs frustrations, leurs espoirs et leurs revendications. Son parcours artistique l’a longtemps placé au contact d’une population qui ne se reconnaît pas toujours dans les discours sophistiqués des élites politiques.
Mais être issu de la masse suffit-il pour prétendre parler au nom de la masse ?
C’est là que commence le véritable débat.
LA POLITIQUE N’EST PAS UNE SCÈNE, C’EST UNE RESPONSABILITÉ
Haïti n’a plus besoin de simples personnalités capables de captiver une foule. Elle a besoin de dirigeants capables de transformer la colère populaire en vision politique, la frustration en programme et l’espoir en résultats.
La politique n’est pas seulement l’art de convaincre.
C’est l’art d’assumer.
Assumer ses choix.
Assumer ses décisions.
Assumer ses promesses.
Assumer également ses échecs.
Si Don Kato revient devant les électeurs, la question ne devrait donc pas être uniquement : « Pourquoi revenir ? »
La véritable question devrait être :
« Qu’avez-vous appris de votre premier passage au Sénat, et qu’allez-vous faire différemment cette fois-ci ? »
Car le peuple n’est pas une mémoire courte.
Il observe.
Il compare.
Il questionne.
Et surtout, il finit toujours par demander des comptes.

L’OUEST ATTEND PLUS QU’UN CANDIDAT
Le département de l’Ouest traverse une réalité où les mots « sécurité », « emploi », « logement », « éducation », « justice », « infrastructures » et « dignité » ne sont plus de simples thèmes de campagne.
Ce sont des urgences.
Alors, si Don Kato sollicite à nouveau le suffrage populaire, il devra convaincre non seulement par son passé, mais surtout par une vision claire du futur.
Parce qu’en politique, le passé peut donner de la crédibilité, mais il ne garantit pas l’avenir.
Le peuple peut respecter un parcours sans pour autant accorder automatiquement sa confiance.
DEUX FOIS ÉLU DANS L’OUEST : UN HONNEUR OU UNE NOUVELLE ÉPREUVE ?
Être élu une deuxième fois au Sénat pourrait constituer un symbole politique considérable.
Mais ce serait aussi une responsabilité plus lourde.
Car lorsqu’un peuple vous donne une seconde chance, il ne vous demande pas simplement de recommencer.
Il vous demande de faire mieux.
La deuxième élection ne devrait donc pas être présentée comme une récompense personnelle.
Elle devrait être considérée comme un contrat renouvelé entre un représentant et son peuple.
Et ce contrat mérite d’être discuté publiquement.
DON KATO FACE À SON DESTIN POLITIQUE
La question n’est donc pas seulement de savoir si Don Kato sera candidat.
La question fondamentale est de savoir si le peuple de l’Ouest voit encore en lui l’homme capable de porter ses aspirations au plus haut niveau de l’État.
Car une démocratie véritable ne consiste pas seulement à déposer un bulletin dans une urne.
Elle consiste à choisir, à questionner, à surveiller et, lorsque cela est nécessaire, à sanctionner politiquement.
Le peuple n’élit pas seulement un nom.
Il confie une voix.
Il confie une responsabilité.
Il confie une partie de son avenir.
Si Antonio Chéramy revient dans la bataille électorale, le rendez-vous sera donc plus grand qu’une simple campagne.
Ce sera une confrontation entre le souvenir du parlementaire qu’il a été et la vision du sénateur qu’il promet de devenir.
Et cette fois encore, la décision finale appartiendra au véritable souverain de toute démocratie :
LE PEUPLE.
René Josué
