
Une vidéo devenue virale ces derniers jours relance un débat profond et inquiétant en Haïti : celui du coût exorbitant du dédouanement des véhicules dans les ports du pays. Une citoyenne haïtienne affirme avoir été contrainte de payer près de 1 950 000 gourdes pour récupérer un véhicule Mitsubishi Mirage 2016 au port de Miragoâne. À cette somme déjà colossale s’ajoutent, selon ses déclarations, divers frais annexes, dont un mystérieux prélèvement de 10 % attribué à l’APN, à la mairie et à la police.
Cette situation soulève une interrogation légitime : le système de dédouanement en Haïti est-il devenu un mécanisme d’exclusion économique ?
Un système portuaire sous pression
L’Autorité Portuaire Nationale (APN), créée en 1985, est chargée de la gestion et de l’administration de l’ensemble des ports du pays, dont celui de Miragoâne.
Son rôle est stratégique : elle contrôle les infrastructures essentielles au commerce maritime haïtien et constitue un pilier de l’économie nationale. Pourtant, les plaintes répétées des citoyens suggèrent un dysfonctionnement grave dans la chaîne des procédures portuaires.
Des coûts opaques et difficilement justifiables
Dans le cas évoqué, le montant réclamé dépasse largement la valeur marchande de nombreux véhicules similaires. Cette réalité met en évidence plusieurs problèmes majeurs :
- Manque de transparence dans la fixation des frais
- Multiplication des taxes et frais non détaillés
- Possibles pratiques abusives ou illégales
- Absence de mécanisme clair de contestation
Ces dérives ne sont pas isolées. Le problème de la corruption en Haïti est documenté depuis plusieurs années, avec des cas impliquant même des agents douaniers et des institutions publiques.
Un message officiel déconnecté de la réalité
Face aux critiques, certains représentants de la douane ont déclaré que les citoyens ne devraient pas envoyer de véhicules en Haïti s’ils ne peuvent pas payer les frais de dédouanement.
Une déclaration perçue par beaucoup comme un aveu d’échec et un désengagement de l’État. Car la vraie question n’est pas la capacité des citoyens à payer, mais plutôt :
👉 Pourquoi les frais sont-ils aussi élevés et si peu transparents ?
👉 À quoi correspondent réellement ces montants ?
👉 Qui contrôle ces pratiques dans les ports ?
Un impact direct sur la population
Dans un pays où le pouvoir d’achat est extrêmement limité, exiger près de 2 millions de gourdes pour récupérer un véhicule revient à :
- Décourager les investissements de la diaspora
- Bloquer l’accès à des biens essentiels
- Renforcer les inégalités sociales
- Alimenter la méfiance envers les institutions publiques
Le port, censé être une porte d’entrée vers le développement, devient ainsi une barrière économique et sociale.
Appel aux autorités : transparence et réforme immédiate
Cette situation interpelle directement :
- Le directeur général de l’APN
- L’Administration Générale des Douanes
- Le Ministère de l’Économie et des Finances
- Les autorités locales et judiciaires
Il est urgent de :
✔ Publier une grille officielle et détaillée des frais de dédouanement
✔ Mettre en place un système de contrôle indépendant
✔ Lutter efficacement contre la corruption portuaire
✔ Protéger les citoyens contre les abus administratifs
Conclusion : trop, c’est trop
Le témoignage de cette citoyenne n’est pas un simple cas isolé. Il est le reflet d’un malaise profond au sein du système portuaire haïtien.
Lorsque récupérer son propre bien devient un luxe inaccessible, il ne s’agit plus d’administration… mais d’injustice.
Haïti ne peut pas se permettre de transformer ses ports en zones d’opacité et de pression financière.
Le pays a besoin de confiance, de transparence et de justice. Maintenant.
René Josué +509 37888866 / 43276594 pour vos publicités.
