18 septembre 2026. Dans un pays confronté à de profondes difficultés économiques et sociales, la question de la relance ne peut plus être dissociée de celle de l’entrepreneuriat. Pour Verly Leonce Pierre, il est temps de repenser notre manière d’envisager et de pratiquer l’entrepreneuriat afin de le mettre davantage au service de la production nationale, de la création de richesse et de l’emploi.
« Quel doit être l’objectif ultime de l’entrepreneuriat s’il s’agit de dynamiser notre économie ? » Cette question résume l’essence même de cette réflexion. À ses yeux, l’entrepreneuriat ne saurait se limiter à l’acquisition de connaissances théoriques ou à la multiplication des formations. Si ces savoirs sont nécessaires pour comprendre les mécanismes du marché et les réalités du monde des affaires, ils doivent avant tout déboucher sur des actions concrètes.
Dans le contexte haïtien, l’enjeu consiste à bâtir des entreprises capables de répondre aux besoins réels de la population, de valoriser les ressources disponibles et de renforcer la production locale. La théorie, aussi importante soit-elle, ne peut donc constituer une fin en soi ; elle doit servir de fondement à des initiatives susceptibles de produire des résultats et de créer une véritable valeur économique.
Dans cette optique, l’entrepreneur ne se définit pas uniquement comme celui qui lance une activité pour générer des revenus. Il doit également être capable d’identifier les problèmes de la société et de transformer certaines difficultés en opportunités économiques. Ainsi, la création de richesse doit aller de pair avec la création d’emplois, l’innovation et l’impact social.
Verly Leonce Pierre lance donc un appel aux entrepreneurs, qu’ils soient au début de leur parcours ou qu’ils possèdent déjà une solide expérience. Il les encourage à orienter leur formation, leurs investissements et leurs ambitions vers des objectifs précis : créer de la richesse, développer des entreprises résilientes et contribuer à l’amélioration des conditions de vie dans le pays.
Selon lui, ce renouveau ne peut reposer uniquement sur les entrepreneurs ; le soutien des institutions demeure essentiel. À cet égard, il salue tout particulièrement l’engagement du ministère du Commerce et de l’Industrie, ainsi que ses initiatives en faveur du secteur privé et du développement entrepreneurial.
Il rend également hommage au travail accompli par le groupe Konbit, la Fondation Digicel et la Fondation Toya, ainsi que par d’autres institutions œuvrant au soutien des petites et moyennes entreprises. Grâce à la formation, à l’accompagnement et à l’accès au financement, ces structures jouent un rôle clé dans la création et la consolidation de nouvelles entreprises.
Toutefois, pour que ces efforts portent leurs fruits sur le long terme, l’État doit lui aussi jouer pleinement son rôle. Il lui incombe de créer un environnement propice permettant aux entrepreneurs d’investir, de produire, de créer des emplois et de développer leurs activités dans des conditions plus prévisibles. De leur côté, les organismes d’accompagnement doivent poursuivre leur mission de facilitation et contribuer à rapprocher les entrepreneurs des ressources dont ils ont besoin.
Pour Verly Leonce Pierre, la relance économique d’Haïti relève donc d’une responsabilité partagée : l’entrepreneur doit produire et créer de la valeur, les institutions doivent assurer l’accompagnement, et l’État doit réguler et faciliter. C’est dans cette complémentarité que l’on pourra bâtir une économie davantage tournée vers la production nationale, capable de réduire progressivement les inégalités économiques.
En somme, son message est simple : Haïti ne peut durablement compter uniquement sur les importations, l’aide extérieure ou les transferts de la diaspora pour maintenir son économie à flot. Il est impératif de produire davantage, d’entreprendre davantage et, surtout, de transformer les idées en activités économiques génératrices de richesses sur le territoire national.
Verly Leonce PIERRE
