Alors que plusieurs partis politiques risquent d’être écartés des prochaines élections faute de répondre aux nouvelles exigences du Conseil électoral provisoire (CEP), le parti Inisyativ pou Devlope Ayiti (IDA) affirme déjà disposer d’une base militante dépassant les 50 000 membres à travers le pays. Une démonstration de capacité organisationnelle que les dirigeants de la structure ont voulu mettre en avant lors des activités marquant le troisième anniversaire du parti, célébré le samedi 9 mai 2026.
Dans plusieurs départements, notamment dans le Sud et le Sud-Est, des milliers de militants et sympathisants ont participé aux rassemblements organisés par le parti autour de son président, l’ancien sénateur Pierre Francky Exius, et des principaux responsables régionaux.
Aux Cayes, dans le département du Sud, l’activité a réuni une importante foule venue de différentes communes pour prendre part à cette célébration politique marquée par des discours, des prestations culturelles et des messages de mobilisation nationale.
Le coordonnateur départemental du Sud, Pierre Ilçon Tanis, qui a ouvert officiellement la cérémonie, a insisté sur la mission que se fixe le parti depuis sa création en 2023.
« IDA veut former des hommes et des femmes capables de servir le pays, mobiliser la population et construire une organisation solide basée sur le respect, la discipline et l’unité », a-t-il déclaré devant les militants.
Dans le département du Sud-Est, une autre activité d’envergure a été organisée à l’hôtel Colin’s, à Jacmel, pour lancer officiellement la coordination départementale du parti dans cette région. Selon les responsables présents, cette initiative vise à renforcer davantage l’implantation territoriale d’IDA à travers le pays.
Prenant la parole devant les sympathisants, Jacques Amboise, vice-président du parti, a confirmé la volonté d’IDA de participer aux prochaines élections à tous les niveaux : CASEC, ASEC, mairies, Parlement et présidence.
Le dirigeant politique affirme que son parti entend proposer une nouvelle approche politique dans un contexte où la population exprime une profonde fatigue face aux crises répétées qui secouent le pays.
« IDA ne veut pas produire des dirigeants de promesses, mais des dirigeants capables d’assumer leurs responsabilités », a soutenu Jacques Amboise.
Mais au-delà des discours, c’est surtout le chiffre avancé par les responsables du parti qui attire aujourd’hui l’attention dans les milieux politiques : plus de 50 000 membres revendiqués sur l’ensemble du territoire national.
Cette annonce intervient au moment où le CEP prépare l’application de nouvelles dispositions électorales susceptibles de bouleverser profondément le paysage politique haïtien. À travers l’article 139 du projet révisé de décret électoral, chaque parti devra désormais fournir des listes détaillées de ses membres ou sympathisants avec leurs informations d’identification afin de prouver leur représentativité réelle.
Dans un pays où plus de 320 partis politiques sont officiellement enregistrés, plusieurs observateurs estiment que ces nouvelles exigences risquent d’éliminer de nombreuses structures accusées d’exister uniquement sur papier.
Dans ce contexte, les partis capables de démontrer rapidement une véritable présence nationale pourraient bénéficier d’un avantage stratégique important avant les prochaines compétitions électorales.
Les dirigeants d’IDA ont également tenu à préciser qu’aucun accord politique n’existe entre leur parti et le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Selon eux, Haïti a surtout besoin de dialogue, d’unité nationale et d’une mobilisation collective pour sortir de la crise multidimensionnelle actuelle.
Avec des activités organisées simultanément dans plusieurs régions, une mobilisation visible sur le terrain et un nombre important de membres revendiqués, IDA tente aujourd’hui de se positionner comme l’une des structures politiques les plus organisées à l’approche des prochaines échéances électorales.
