La crise qui secoue la Direction centrale de l’immigration et de l’émigration en Haïti continue de susciter de vives réactions dans les milieux journalistiques et institutionnels. Dans un message publié le 24 mars 2026, le secrétaire général du Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC), Djovany Michel, a appelé les autorités à agir rapidement afin de garantir la continuité de l’État après la mise sous scellés de l’institution.
Selon lui, la levée du scellé à la Direction de l’immigration aurait déjà dû être accompagnée de la nomination d’un directeur intérimaire ou de la mise en place d’une commission de gestion pour assurer le fonctionnement normal du service public.
Une responsabilité administrative directe évoquée
Dans son message, Djovany Michel estime que la responsabilité de cette décision revient directement au directeur général du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales, Pierre Canisius Guignard.
Selon le journaliste, une décision urgente doit être prise sans délai afin d’éviter un blocage administratif prolongé qui pourrait affecter la délivrance des passeports et d’autres services essentiels liés à l’immigration.
Il souligne notamment que la continuité de l’État impose une action rapide pour éviter une paralysie institutionnelle.
Un appel à l’assainissement du système
Au-delà de la réouverture des bureaux, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption estime que la relance de l’immigration ne peut se limiter à une simple reprise des activités.
L’organisation appelle à une réforme en profondeur du système, notamment :
- l’audit complet des opérations administratives
- l’assainissement du réseau interne
- l’annulation des passeports frauduleux
- des poursuites judiciaires contre les responsables
- et des mesures structurelles pour empêcher la reconstitution du réseau
Selon le RHAJAC, cette approche globale est nécessaire pour restaurer la crédibilité des documents officiels haïtiens.
La question de la crédibilité internationale des passeports haïtiens
L’un des points majeurs soulevés concerne la réputation internationale du passeport haïtien.
Le journaliste met en garde contre les conséquences d’une gestion insuffisante de cette crise, qui pourrait entraîner une perte de confiance des partenaires internationaux et compliquer la situation de millions de citoyens haïtiens vivant à l’étranger.
Dans ce contexte, l’assainissement du système d’immigration apparaît comme un enjeu stratégique pour l’État haïtien.
Un risque de reconstitution du réseau de corruption
Le message insiste également sur la nécessité de sanctions réelles et de transparence.
Selon le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption, l’absence de mesures fortes pourrait permettre au réseau de corruption de se reconstituer rapidement sous d’autres formes.
Cette mise en garde reflète une inquiétude largement partagée par les observateurs qui estiment que les scandales administratifs en Haïti restent souvent sans suites judiciaires solides.
Un test pour la gouvernance publique
La situation actuelle représente un test important pour les autorités haïtiennes.
La gestion de cette crise permettra de mesurer :
- la capacité de l’État à réagir rapidement
- la volonté de lutter contre la corruption
- la transparence administrative
- et la protection de l’intérêt public
Pour de nombreux citoyens, la réforme de la Direction de l’immigration est désormais un symbole de la lutte contre l’impunité et de la reconstruction institutionnelle.
Le message publié par Djovany Michel met en lumière l’urgence d’une décision administrative et judiciaire dans le dossier de la Direction centrale de l’immigration et de l’émigration.
Entre nécessité de continuité de l’État, assainissement du système et protection de la crédibilité des passeports haïtiens, les autorités sont désormais face à une responsabilité majeure.
Sans action rapide, transparente et rigoureuse, la crise pourrait fragiliser davantage la confiance des citoyens et des partenaires internationaux.
Dossier à suivre.
