Port-au-Prince, 18 juin 2026 — La question de la gestion des ressources publiques revient une nouvelle fois au centre du débat national. Dans une note rendue publique ce jeudi, le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) a exprimé ses préoccupations concernant la gestion de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA) sous la direction de Lovely François, installée à la tête de l’institution le 24 mars 2026.
L’organisation affirme avoir recueilli des informations faisant état de présumées irrégularités administratives et financières qui, selon elle, nécessitent l’intervention des organes de contrôle de l’État. Le réseau demande notamment qu’une enquête indépendante soit menée afin de vérifier les allégations portées à l’attention du public.
Au cœur des interrogations figure un décaissement de 14 millions de gourdes qui aurait été effectué dans le cadre d’une activité organisée à l’occasion de la Fête des Mères. Selon le RHAJAC, des sources consultées par l’organisation s’interrogent sur l’utilisation réelle de ces fonds et sur leur conformité avec la mission de l’institution.
Le réseau estime que ces allégations méritent d’être examinées avec rigueur, particulièrement dans un contexte où de nombreux retraités et cotisants continuent de faire face à des difficultés pour accéder à certains services ou prestations. Pour plusieurs observateurs, toute controverse touchant l’ONA revêt une importance particulière en raison du rôle central que joue cette institution dans la protection sociale des travailleurs haïtiens.
Dans sa déclaration, le RHAJAC rappelle que les ressources administrées par l’ONA proviennent des cotisations versées par les travailleurs et les employeurs. À ce titre, l’organisation insiste sur la nécessité d’une gestion transparente et conforme aux normes de bonne gouvernance.
Le réseau appelle l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) ainsi que les autres instances compétentes à examiner les contrats, les marchés et les décaissements réalisés depuis l’arrivée de la nouvelle administration.
L’organisation demande également que toutes les garanties soient réunies afin de préserver les documents administratifs et financiers qui pourraient être utiles à d’éventuelles investigations.
À ce stade, les accusations relayées par le RHAJAC demeurent des allégations qui n’ont fait l’objet d’aucune conclusion judiciaire ou administrative officielle. Aucune décision de justice ni aucun rapport d’enquête indépendant n’ont pour l’instant confirmé les faits évoqués.
Toutefois, cette prise de position relance les discussions sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle au sein des institutions publiques et de garantir une plus grande reddition de comptes dans l’utilisation des fonds appartenant à l’État.
Dans l’attente d’éventuelles réactions des autorités concernées, le dossier continue de susciter l’attention d’une partie de l’opinion publique, qui réclame davantage de transparence dans la gestion des ressources publiques à un moment où les défis économiques et sociaux du pays demeurent particulièrement importants.
